Compétition
Spécial 50ème anniversaire du cinéma Marocain
Hors compétition
Programme des autres jours ici
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Compétition
Spécial 50ème anniversaire du cinéma Marocain
Hors compétition
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Avec la 6ème édition de son Festival du Film Francophone*, Safi fête les 50 ans du cinéma
marocain. L'occasion pour la ville de rappeler que le premier réalisateur de l'histoire du Maroc est l'un de ses enfants. Feu Mohammed Osfour signa en effet, en 1958, le tout premier film réellement marocain dans un pays qui venait de se libérer de la colonisation française. En souvenir
à ce tribut, et depuis maintenant 6 ans, le Festival "Lumières de Safi" récompense de l'Osfour d'Or le meilleur film francophone.
Le jury officiel chargé de juger de la sélection 2008 devait-être présidé par l'excellent réalisateur tchadien Mahamat Saleh Haroun qui remporta deux fois l'Osfour d'Or. Hélas, celui-ci a
décommandé sa venue. Il sera remplacé par Rafiq Sabban, scénariste et critique cinématogaphique syrien. Par ailleurs, cette année, le FFFS répond à un souhait déjà formulé l'an dernier par de nombreux festivaliers de créer un jury des
jeunes. Ce dernier viendra s'ajouter à ceux de la critique et de la presse. Les jeunes et moins jeunes cinéphiles pourront de plus profiter de trois ateliers de formation portant sur le scénario,
l'interprétation et le tournage cinématographique.
Volontarisme des autorités locales
Finalement, il convient de souligner le volontarisme des autorités de la région Doukkala-Abda et du Wali en personne. Sponsors de l'évènement, la Région, la Wilaya et l'OCP ont déboursé au total 200.000 DH, soit le double de l'an dernier, afin que ce Festival continue d'exister
(malgré les problèmes d'organisation et de professionnalisme dont souffrirent souvent les éditions précédentes). Un festival essentiel pour la ville de
Safi, qui, après l'avoir "inventé", était en train d'oublier ce qu'était le cinéma.
* Site Web réalisé par le club multimédia des étudiants de l'Ecole
Suptem de Safi.
Marrakech, Tanger, Casablanca, Essaouira, Ouarzazate. Ces cinq noms sont le visage cinématographique du Maroc dans la
production étrangère (américaine et française principalement). Si certaines de ces villes bénéficient d’une grande publicité comme Marrakech, la renaissance d’autres est intimement liée à
l’émergence de l’industrie cinématographique. C’est le cas d’Essaouira immortalisée par Orson Welles dans les années 50 et, plus récemment, de Ouarzazate. Ya-t-il une recette à suivre pour les
petites villes qui veulent se faire une place sous les projecteurs ?
Il semble donc que la mise en valeur des sites, et, surtout, la volonté des autorités locales de faire d’une ville un
lieu culturel font la différence. Toutes les villes qui se sont fait un nom chez les producteurs étrangers sont des villes qui bénéficient d’une grande visibilité. Une ville comme Safi est le meilleur exemple de ce déficit d’image à l’échelle
internationale. Pourtant, la capitale de la région Doukkala Abda n’a pas moins d’intérêt visuel
qu’Essaouira qui resta longtemps son parent pauvre. Seul problème, pour le savoir, il faut être natif de Safi ou connaître son histoire. Nour-Eddine Lakhmari, le réalisateur safiot, y avait ainsi tourné Le Regard, une coproduction maroco-norvégienne. Et cette année, Hamid
Zoughi rendait hommage à Kharboucha, la cheikha légendaire venue des
environs de Safi. En 2007, deux téléfilms (ici et ici) et un long métrage marocains ont été tournés à Safi et sa région. Cependant,
depuis Welles, la perle de l’Atlantique est désertée par les caméras des cinéastes étrangers.
Samuel Gagnon vit à Montréal mais son cœur est marocain depuis qu’il s’est marié à une safiote. Son rêve :
produire un jour un projet maroco-canadien. Zuno Films, sa société de production, a en effet l’habitude des coproductions depuis Kamataki (Canada/Japon) et Ascension (Canada/USA). Dernièrement, Sam Gagnon avait eut un
contact avec le producteur casablancais Sigma pour Casa Negra du
Safiot Nour-Eddine Lakhmari. Occasion manquée, mais partie remise.

En tant que producteur canadien, quels types de projets peut-on
avoir au Maroc ?
Certainement pas les même que les Américains. Nous les Québécois, tournons rarement des films pour lesquels nous avons besoin d'un désert (C.R.A.Z.Y. étant l'exception) ou de paysages “exotiques”. Pour ma part, il est certain que j'ai des plans de coproduction. Je pense à une intrigue qui se passerait entre le Canada et le Maroc. J'ai quelques concepts en chantier présentement et deux scénaristes qui travaillent sur un projet que je compte développer en 2008.
L’un de ces projet concerne, je crois, la ville de Safi…
C'est en effet, une option. Etant donné que je connais Safi, je voudrais, si l'occasion se présente, l’utiliser dans l'un des projets produits par ma société. Ce ne serait pas nécessairement tout un film, mais nous pourrions néanmoins y tourner de quelques scènes.
Vous pensez donc qu'elle a un potentiel cinématographique ?
On peut tourner un film n'importe où en autant que le sujet s'y prête. Cependant, Safi manque de visibilité pour les professionnels étrangers. Elle n’est pas un site qui s'impose comme une évidence, puisqu’elle n'a pas les paysages désertiques de Ouarzazate ou la médina d'Essaouira. Elle a malgré tout quelques atouts, dont des sites intéressants mais méconnus. Point de vue infrastructure, il y a des hôtels pour accueillir une équipe. Donc, je dirais que pour un producteur étranger, si rien n'empêche un tournage à Safi, rien ne l'attire non plus. Il faut nécessairement que le thème du film justifie le choix de lieu, ou bien il faut un attachement affectif particulier.
Y a-t-il des obstacles particuliers à la coproduction avec le Maroc ?
Comme je vous le disais, je travaille graduellement à un projet de coproduction. Cela me tient à cœur. Cela dit, les problèmes sont multiples. Il s'agit avant tout d'avoir un bon coproducteur. Il faut ensuite trouver le réalisateur marocain qui correspond au projet. Et finalement, reste encore le problème du réseau de distribution qui est, comme tout le monde le sait, en pleine crise au Maroc. Il est difficile de se lancer dans une coproduction quand on sait qu'un film n'aura presque pas d'impact dans l'un des pays de production. Mais, surtout, il est difficile de venir avec un projet tout prêt et de le coproduire au Maroc. Le système de coproduction marocain est particulier et favorise les projets marocains cherchant un coproducteur à l’étranger, mais handicape les projets non marocains.
Si je comprends bien, il y a les films marocains coproduits par des étrangers et les productions étrangères. Vous voudriez une troisième voie, un projet étranger coproduit par le Maroc ?
La plupart des pays qui ont un système de pointage qui favorise l’emploi de techniciens et d’artistes locaux dans la coproduction. Ils ont compris qu’ils en tiraient des bénéfices à la fois financiers et en termes de valorisation des compétences des professionnels nationaux. Le Maroc quant à lui impose, pour les coproductions officielles, que le réalisateur soit nécessairement marocain. C’est en soit bien normal que le CCM, qui donne l’aide financière, attribue le peu d'argent disponible à un réalisateur marocain. Mais, c’est un obstacle du point de vue du coproducteur canadien venant avec un projet tout prêt. Trouver un réalisateur d'origine marocaine ayant a une filmographie qui concorde avec le projet est plus difficile que d'engager quelqu'un que l'on connaît déjà. Les réalisateurs marocains ne sont pas encore assez visibles et connus pour rassurer les financiers canadiens qui vont investir dans la production.
Quelle est l'image du cinéma marocain dans le milieu de la production au Québec?
Durant les dernières années, il y a eu plusieurs très bons films marocains qui se sont illustrés à l'étranger et qui ont donné une visibilité au cinéma marocain. Récemment, au Canada, des films comme Les Yeux Secs et Marock ont trouvé leur public. D'autres films comme La Symphonie Marocaine, Les Jardins de Samira et d'autres ont été vus grâce à des événements comme Vue d'Afrique et le Festival des Films du Monde. Le dernier film d'Hassan Ben Jelloun Où vas-tu Moshé? (une coproduction maroco-canadienne) va bientôt sortir. On commence donc à voir des films marocains.
Peut-on donc espérer plus de coproductions avec le Canada ?
Le problème, c’est que le Maroc lui-même, en tant que lieu de tournage, est très
peu connu pour l'instant. Personne, au Québec, ne sait que la scène palestinienne de C.R.A.Z.Y. a été tournée au Maroc. L'an denier, j'ai tenté d'organiser avec Monsieur Mohammed Belghiti une
semaine de cinéma canadien à Casablanca. L'idée était d'inviter des producteurs canadiens à venir découvrir le Maroc et de faire une conférence sur les coproductions entre Marocains et Canadiens.
Le projet est toujours en suspend et j'espère qu'on pourra organiser l'événement prochainement. Pendant ce temps, l'Algérie a demandé notre aide pour organiser un évènement similaire et il va
avoir lieu à Alger en février. Mais j'ai toujours bon espoir que des projets communs se concrétisent au Maroc.
D’après vous, quelle stratégie le Maroc doit-il développer pour favoriser les contacts avec les producteurs
étrangers ?
Il doit surtout être agressif
dans sa démarche avec les marchés étrangers. La compétition est forte pour trouver les bons lieux de tournage. Le Maroc a déjà une très bonne réputation auprès des Américains qui tournent des
films nécessitant le désert. C'est très bien, mais je crois qu'il devrait se faire plus de film avec le Maroc comme sujet (comme Babel). Je suis certains que si des réalisateurs étrangers
découvraient le Maroc, ils seraient intéressés de créer des histoires qui s'y déroulent.
Un marché de coproduction serait une bonne idée aussi. Un peu comme Rotterdam et son Cinemart, le Producer's Network de Cannes et le PPP à Pusan en Corée du Sud. Je sais que le festival de Dubaï va organiser cette année un programme similaire pour les films arabes.
Ce n’est pas ce que fait le Festival de Marrakech ?
Le Festival de Marrakech est en effet une des clés du développement de la cinématographie marocaine. Cependant, c'est aujourd'hui surtout un festival d'image. Il faudrait qu’il devienne un festival d'industrie. Il ne suffit plus d'inviter, à grands frais, les vedettes, il faut inviter les acheteurs internationaux. Si les acheteurs viennent, les vendeurs vont suivre. Si les vendeurs viennent, ils vont vouloir montrer leurs films et la programmation du festival va en être enrichie. Si les vendeurs sont là, ils vont eux-mêmes payer pour faire venir les vedettes car ils en ont besoins pour leur promotion. Je suis certain qu'en trois ans, s'ils décident de créer un marché international, les acheteurs vont venir. Cela ne pourra qu'aider aux échanges entre les producteurs marocains et internationaux et promouvoir le Maroc comme lieu de tournage potentiel.
On vous verra bientôt au Maroc alors ?
Je l’espère ! J’ai hâte de produire quelque chose chez vous et surtout de faire connaître le Maroc à mes collègues canadiens.
Je viens de lire que
Cinemasfi a été élu Meilleur Blog Artistique
aux premiers Maroc Blog Awards jamais organisés dans la Blogoma.
Merci à tous ceux qui ont voté pour moi et surtout merci au team du Blogotour 2008 qui a organisé cet
évènement. Chapeau pour cette belle initiative qui a animé la Blogoma ces derniers mois. Bravo à tous les gagnants et à tous les participants.
Cela fait presqu'un an que je bloggue et je dois dire que c'est une des plus belles expériences que j'ai pu faire. Elle m'a permis de "rencontrer",
virtuellement, des gens extraordinaires comme : Naim, Ibn Kafka, Manal, Lionne d'Atlas, Citoyen
Hmida, MoTIC, Lady
Zee, Larbi et tant d'autres.
Comme le dit Citoyen Hmida, l'important dans ces MBA n'était pas la compétition mais que la Blogoma
bouge et débatte. J'en profite pour faire un clin d'oeil à la blogosphère safiote qui a explosé
ces deux dernières années. On espère surtout que ça continue longtemps!!
Depuis décembre 2007, un nouveau magazine cinéma 100%
marocain est né. Distribué au Maroc et à l'étranger, il est signé Ramzi. 16/9ème, est en effet l'oeuvre du photographe de mode Karim Ramzi et de sa soeur Nadia en charge de la
rédaction.
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