Samedi 3 mai 2008
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Safi compte à présent une troupe de théâtre professionnelle. Celle-ci porte le nom « Hamzat
Wasl Lilibdaa » (« Trait d’Union pour la Création »), et fut créée en avril
dernier.
« Hamzat Wasl Lilibdaa » reéunit trois générations d'artistes safiots expérimentés en matière de théâtre.
Première action de la toute jeune troupe, rendre hommage au dramaturge Salem Kouindi pour son apport au théâtre marocain notamment en tant que fondateur du théâtre scolaire.
Développer le potentiel artistique des jeunes
Plus qu’une simple troupe, « Hamzat Wasl Lilibdaa » est aussi une association citoyenne visant à présenter au public de pièces de
théâtre et surtout à réhabiliter la mémoire théâtrale de Safi à travers la création d'un centre de documentation et de recherche scientifique. Ce centre devrait permettre la collecte et la
transcription des recherches effectuées dans le domaine du théâtre et la création d'une école de lauréats dans les différents métiers du théâtre pour adulte et pour enfant. L’idée est donc de
développer le potentiel artistique des jeunes safiots. Joignant le verbe à l’intention, les membres de la troupe sont en train de travailler sur l’écriture d’une pièce visant à
« célébrer la mémoire de la ville de Safi ».
Une troupe et pas de salle...
Reste à savoir dans quelle salle pourra se produire cette troupe. En effet, Safi n'a pas de salle de spectacle. La municipalité construit une nouvelle salle des fêtes et prévoit de transformer l'actuelle salle des
fêtes (ici à droite) en salle de spectacle en lui ajoutant des balcons. Défi architectural risqué et sur lequel beacoup émettent des doutes. En tout cas, une chose est sûre, Safi a maintenant
le contenu, reste à travailler sur le
contenant.
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Jeudi 24 avril 2008
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Les "Journées Cinématographiques" de la Faculté Poly-disciplinaire de Safi en sont à leur
3ème édition. L’invité d’honneur de cette année est Faouzi Bensaidi qui donnera une leçon de cinéma dans le cadre d’une conférence portant sur le Cinéma et l’Imaginaire. Il faut dire que le réalisateur multiplie les références dans
ses films. Tantôt c’est au cinéma lui-même qu’il fait un clin d’œil, tantôt il évoque ses souvenirs d’enfance. Ses deux longs métrages Mille Mois et What a Wonderful World seront présentés aux étudiants qui pourront
ainsi découvrir l’univers de celui que beaucoup qualifient de « meilleur réalisateur marocain ». La leçon de cinéma du metteur en scène s’inscrit dans la tradition des journées
puisqu’il succède à Kamal Kamal en
2007 et à Nour-Eddine Lakhmari en 2006.
Histoire d'avoir un avant goût, voici la bande
annonce de What a Wonderful World.
(sous-titrage espagnol)
Autre invité de talent, l'acteur qui monte : Malek Akmiss. Ce dernier a joué dans
plusieurs productions marocaines et internationales comme Les jardins de Samira de Latif Lahlou, Rahma d'Omar Chraibi, Où Vas-tu Moshé? de Hassan Benjelloun ou encore le dernière production TF1 Ali Baba et les quarantes voleurs de Pierre Aknine. Mais les
internautes marocains se souviennent de lui grâce à son immense talent comique exhibé dans le court métrage Famous de Tarik Daoudi.
A noter que cette année, les "Journées Cinématographiques" de la Faculté sont
co-organisées par L’Association La Maison des
Arts et parrainées par Hawd Assafi. Pour plus d’informations, rendez-vous sur le blog du Pr. Rachid Naim, organisateur en chef et initiateur des "Journées Cinématographiques" depuis 3 ans.
Mercredi 23 avril 2008
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Le Festival du Film Francophone de Safi a clôturé sa sixième édition il y a quelques jours. Une
gageure dans une ville dont le cinéma est en ruine! Touché par cette triste réalité, le jury présidé par le grand critique syrien Rafiq Sabban a lancé un appel à l’aide pour la rénovation de la
salle du Cinéma Atlantide, appartenant à l'OCP. Un appel relayé par
les cinéastes marocains dont Daoud Oualad Sayed qui remporta l’Osfour d’Or pour son film En Attendant
Pasolini. Reste à savoir si l'appel sera entendu?
"Il faut faire quelque chose !" clame le réalisateur Daoud Oualad Sayed alors qu'il est interpellé par un spectateur safiot sur l'état pitoyable de
la salle du Cinéma Atlantide. La salle où, durant le Festival, sont projetés les films en compétition officielle mais où le son et l'image vont et viennent de façon on ne peut plus fantaisiste.
Visiblement perturbé lors des projections, le jury officiel a décidé de pousser lui aussi son coup de colère. Lors de la cérémonie de clôture, par la bouche de son président Rafiq Sabban, il
prend position et appelle les responsables à encourager le festival avec l’amélioration des salles et surtout en prêtant attention au jeune public qui n’a plus accès à celles-ci. Même constat du
côté des professionnels, Salim Fassi Fihri, président de la chambre des producteurs marocains, ne mâche pas ses mots. Pour lui, "un pays ne peut pas se développer sans développer sa
culture. C'est la base de l'état de droit." Développer le cinéma et lutter contre la fermeture des salles, c'est donc un impératif politique et non pas seulement culturel. Il faut dire que
l’abandon du Cinéma Atlantide (il ne fonctionne plus en
dehors des festivals) cadre mal avec l’effort considérable déployé par les autorités locales afin de soutenir les "Lumières de Safi". La ville reste en effet LE partenaire du
Festival. Est-elle en train de prendre conscience des enjeux en terme de développement humain, économique et culturel? On l'espère en tout cas.
Crise nationale
Le nombre des salles de cinéma a dramatiquement baissé, comme le constate le journal La Vie
Eco: "On se plaint d’un paradoxe flagrant au Maroc en matière cinématographique : au moment où le public se réconcilie avec la
production nationale, où le film marocain s’améliore en quantité et en qualité (14 opus par an), où le budget d’aide publique est plus généreux (36 MDH), les salles obscures baissent le rideau
les unes après les autres: 250 dans les années 1980, 150 en 2003, 92 en 2007 selon le Centre cinématographique marocain (CCM), voire 60 selon les responsables de la Chambre marocaine des
producteurs de Films (CMPF), le nombre de salles se réduit comme peau de chagrin."
300 salles pour 2012?
Le CCM et son président Nour-Eddine Sail annoncent la création d'un fond
d'investissement en vue de faire naître 300 nouvelles salles entre 2009 et 2012. Alimenté en partie par des fonds privés, le projet viserait principalement la création de multiplexes, type
Mégarama, dans les grandes villes. Du côté des cinéastes, on propose d'autres pistes, à l'instar du réalisateur Saad Chraibi qui prône la création de cinémas municipaux et l'implication des maisons des jeunes. Il semble en tout cas que l'état
d'urgence soit décrété sur le sujet. Depuis décembre dernier, une association a également été créée afin de sensibiliser citoyens et décideurs à la nécessité de sauver les salles marocaines. Elle
s'appelle tout simplement "Sauvons les salles de cinéma au
Maroc" et est l'initiative du jeune acteur Tariq Mounim. Au niveau safiot, la toute jeune association "La Maison des Arts" annonce la même ambition et souhaite travailler en partenariat avec
les autorités locales, les partenaires économiques et les associations culturelles. Dossier à suivre...
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Mardi 22 avril 2008
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Alors que le secteur artistique safiot tout entier est en crise, des artistes plasticiens se
regroupent au sein d’une nouvelle galerie d’art.
Une nouvelle galerie d’art vient de voir le jour à Safi. Elle regroupe les œuvres de plusieurs artistes plasticiens parmi lesquels le peintre Mohammed
Bakarri. La salle d’expo-vente se situe dans l’ancien Souk de Tnine reconverti en salle d’exposition pour les
artistes et les artisans de la ville. La création de ce lieu ne nous fait cependant pas oublier la difficulté qu’ont les artistes safiots à se faire connaitre. Pour preuve, la Galerie d’art
La Safiote, située à proximité de la rue commerçante Charia R’bat, vient de fermer ses portes.
Carrefour d'arstistes
Un autre lieu résiste cependant, Le Carrefour des Artistes où se mêlent tous les styles :
peinture naïve ou surréaliste, calligraphie, sculpture sur bois, etc. Situé au bas de la Colline des Potiers, dans le souk des artisans, Le Carrefour des Artistes avait été fondé par le
peintre sculpteur Lordi qui continue à le gérer et à le faire vivre en compagnie de sa fille Bahija, elle aussi artiste peintre. Le Carrefour des Artiste fut, à la grande époque de Fatna
Guebouri (ndlr : peintre naïve), un lieu essentiel dans la vie artistique de Safi.
Flou artistique
Aujourd’hui, les artistes s’organisent à nouveau pour tenter d’exister. On le leur souhaite
et on espère que se multiplient à Safi les lieux où apprécier l’Art. Car à trop mélanger Art et artisanat, il devient difficile pour les artistes de percer. En effet, les créations originales des
uns deviennent presque immédiatement les motifs des banales reproductions des autres. Plus encore, le jeune public safiot n’a pas de clés pour déceler le vrai du faux, l’artistique de
l’artisanal. Ce flou n’est bénéfique ni aux artistes d’aujourd’hui, ni à ceux de demain qui sont privés de références.
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Samedi 19 avril 2008
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Du 18 avril au 18 mai se tiennent les journées du patrimoine mettant à l’honneur les artistes,
artisans et chercheurs safiots.
C’est Mohammed Bajeddoub et sa troupe qui ont donné, vendredi 18 avril, le coup d’envoi du mois du patrimoine. Plusieurs évènements
sont au programme. Le 19 avril, séance de dédicace du poète Ahmed Chakoubi, lauréat du prix Wadii Assafi des jeunes poètes, afin de présenter son dernier recueil au public. La céramique safiote,
à laquelle est en partie dédié le Musée de la Céramique, sera une nouvelle fois mise à l’honneur le 23 avril dans une exposition consacrée à l’artisanat safiot. Côté académique, un hommage sera
rendu le 2 mai au chercheur Ibrahim Kridia pour son travail sur la ville de Safi. Le 9 mai, une conférence sur « L'histoire et l'évolution de la céramique à Safi » réunira de nombreux
spécialistes. L'artiste peintre Zeineb Ajbar El Fellah exposera quant à elle le 13 mai. La soirée de clôture est prévue pour le 17 mai.
Les activités se tiennent à Dar Sultan à l’exception des programmes académiques des 2 et 9 mai qui prendront place à la bibliothèque
régionale. La manifestation est organisée par la Maison de la Culture de Safi et l'Association Asif pour la préservation du patrimoine culturel et architectural.
Pour toute information complémentaire, contacter la Maison de la Culture (Dar Taqafa) dont le siège est situé au Musée de la
Céramique, au cœur de Dar Sultan.
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