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  • : Cinémasfi est un blog consacré au Cinéma et au ciné.ma, made in Morroco. C'est aussi un espace dédié à la ville de Safi au Maroc. Une ville sans véritable salle de cinéma, mais pas sans intérêt pour le septième art... ni pour les autres d'ailleurs! En voici l'Agenda.
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Samedi 26 mai 2007

ancienne-safi.jpgKharboucha, ce personnage mythique de la région de Safi sera l'héroïne du film de Hamid Zoughi. A la base de toute une branche de la tradition musicale de l'Aïta, cette chikha au tempérament de feu est un personnage hors du commun. On se demande même pourquoi le cinéma marocain a mis tant de temps à s'intéresser à son histoire devenue mythique?

C'est parti, Hamid Zoughi est en tournage pour son film "Kharboucha ou Ma Ydoum Hal" ("Kharboucha ou rien n'est éternel"). Le film devrait être tourné en partie dans la région de Safi. Zoughi y a d'ailleurs passé pas mal de temps en compagnie des chikhate et des chioukh, ces chanteurs maîtres de l'art de l'Aïta. Un art populaire dans la région de Abda et qui reprend jusqu'à nos jours les chansons composées au début du XXe siècle par Kharboucha, la célèbre chikha.

De la réalité au mythe... du mythe à l'écran

Le film relate l'histoire de la légendaire de Kharboucha. Chikha à la verve acerbe, Kharboucha utilisait sa voix unique pour se dresser fièrement contre l'injustice de son sort et de celui des siens. Ses chansons avaient pour cible principale le tyrannique caïd Aïssa Ben Omar qui faisait régner la loi du colonisateur français sur la région. Seule rescapée d'une tuerie menée par une tribu adverse et qui décima toutes les femmes de son clan, Kharboucha garda une rage et une force qui s'exprimaient dans sa prose chantée. Kharboucha n'était pas belle car, comme son nom l'indique, elle avait le visage marqué par la petite vérole, mais sa voix la rendait envoûtante. Appartenant à la tribu des Ouled Zid, Kharboucha exhorta ceux-ci par ses chants à se rebeller contre le despotisme sous lequel ils vivaient. En 1922 pris place une terrible répression contre sa tribu. Le caïd Aïssa se vengea personnellement de Kharboucha en la faisant emmurer vivante le jour même de ses noces.
C'est cette histoire devenue mythique que Hamid Zoughi adaptera à l'écran. "Il ne s’agit pas seulement de Kharboucha, mais d’un certain Maroc pas si lointain, où les gens circulaient pieds nus, tressaient leurs cheveux en nattes, méprisaient les femmes et vivaient sous le poids du Makhzen. J’ai envie que les gens prennent conscience du grand chemin que le pays a fait en 50 ans", déclarait dernièrement le réalisateur au journal
Tel Quel.

Jil Jilala et l'Aïta
Plus connu en tant qu'acteur, Hamid Zoughi s'est lancé dans le cinéma avec le grand Jilali Ferhati et se fait encore remarquer aujourd'hui, notamment dans "Heaven's Door" des Frères Noury, sélectionné à la dernière Berlinale. Mais Zoughi, le réalisateur, a plus d'une corde à son arc et n'a pas choisi son thème au hasard. Il est lui-même musicien et membre fondateur du célèbre groupe marocain Jil Jilala, comme en témoigne Mohamed Derham: "Le groupe doit son existence à Hamid Zoughi. C’est lui qui nous a réunis et convaincus de nous lancer en travaillant un nouveau style, inspiré de la musique soufie et des chants des zaouiyas marocaines". Le réalisateur a donc de son côté toutes les armes pour faire un grand film où la musique aura une place centrale. Le public marocain risque d'être au rendez-vous comme il l'a été pour un autre film musical, "La Symphonie Marocaine" de Kamal Kamal.

Houda Sedki est Kharboucha
Sedki-Kharboucha.jpgC'est l'actrice
Houda Sedki, qui incarnera le personnage de Kharboucha en se basant sur sa formation musicale puisqu'elle était lauréate du conservatoire de Casablanca en 2003. Pour son rôle, l'actrice s'est plongée durant plus d'un an dans le folklore de Safi et dans le répertoire aïtawi. Houda Sedki est par ailleurs bien connue des Safiots puisqu'elle était membre du jury du dernier Festival du Film Francophone de Safi. La jeune actrice et Hamid Zoughi ont déjà travaillé ensemble sur le téléfilm "Les Requins" où le réalisateur lui avait offert sa première chance dans un premier rôle.

Reconstitution d'un patrimoine

Hamid Zoughi et la société AZ productions ont reçu un budget de 3,8 millions de dirhams, dont 3 millions
d'avance sur recettes du CCM. La chaîne 2M est également associée à la production de ce long métrage. Quarante jours de tournage sont prévus. L'équipe technique travaille en grande partie bénévolement, ce qui n'a pas empêché la production d'avoir des soucis financiers liés notamment à la reconstitution d'époque. On regrettera d'ailleurs que l'état de délabrement de "Dar Si Aïssa", la maison du caïd, ne permette pas de profiter des décors originaux. Le film "Kharboucha ou Ma Ydoum Hal" aidera donc à sauvegarder la mémoire de notre patrimoine à défaut d'en avoir préservé les lieux.

par Cinemasfi publié dans : Gros plan: cinéma marocain communauté : Maroc
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Mardi 22 mai 2007

Décidément, Safi s'affirme comme une ville de cinéma et prépare sa relève. Les élèves de dernière année du collège de l'école du Plateau ont écrit, tourné et réalisé leur film qui eu la chance d'être sélectionné en compétition aux deuxièmes "Rencontres Nationales du Court Métrage Pédagogique".
 
ciinema01.jpg
"Le Jus
de Raisins" ("Charab Zabib"), c'est le titre du court métrage de 9 minutes réalisé par les apprentis cinéastes safiots. Il sera présenté lors des "Deuxièmes Rencontres Nationales du Court Métrage Pégagogique" qui se tiendront à Casablanca du 30 mai au 2 juin prochains. Les deux co-réalisateurs, M. Oussama Bendriss et M. Yassin Abouchabaka, présenteront personnellement leur film au public à cette occasion. "Charab Zabib", a été entièrement écrit, tourné, joué et monté par les élèves eux-mêmes. L'aventure du tournage a duré trois semaines et n'a rien coûté si ce n'est beaucoup de temps et d'imagination de la part des élèves et de leurs encadrants.
Un scénario original
Tourné en numérique dans les locaux de l'école ou à "Dar Sultan" travestis en Palais Royal, le film raconte l'histoire du fils d'une famille pauvre dont le père vient de décéder. Pour aider sa mère, un des fils va vendre du jus de raisin au palais du Roi. Ce-dernier le remarque et s'habitue à venir chaque matin se délecter du nectar préparé par le garçon. D'abord agacé puis carrément jaloux, le ministre qui accompagne le Monarque en toutes circonstances, sent le jeune homme monter en importance alors que lui-même est évincé. Il concocte un plan maléfique pour se débarrasser du garçon. Faisant croire à celui-ci que son haleine dérange Sa Majesté, il l'encourage à se voiler le visage. Au Roi qui s'interroge sur ce nouveau comportement de son favori, le ministre explique que le jeune homme se plaint de l'haleine du souverain. Fou de colère le Roi décide de faire excécuter dès le lendemain le premier visiteur du palais, sachant qu'il s'agira de son vendeur de jus. Hélas pour le ministre, le lendemain matin, la nouvelle d'une attaque l'oblige à se rendre au Palais en urgence. Etant le premier à franchir le seuil, il est aussitôt égorgé. Appelé au Palais pour se justifier de son comportement ayant entraîné la mort du ministre, le jeune garçon explique au Roi le pourquoi de ses agissements. Le Roi sourit alors de savoir que le Ministre s'est puni lui-même.

La relève est assurée

Mme Leila Charadi, scripte semi-professionnelle, a travaillé comme consultante avec les élèves. C'est elle qui a assuré l'encadrement pédagogique afin de donner à ces cinéastes en herbe les bases du métier et de la culture de l'image. "J'ai été impressionnée par la maturité des élèves et leur travail. Tout d'abord la beauté de leur histoire est digne de nos plus beaux contes populaires. Ensuite ils ont su repousser leurs limites lors du tournage en répétant les prises jusqu'à parfois dépasser la dizaine. Vous pourrez voir dans leur bêtisier que certains se sont mêmes endormis en jouant (rires). Et surtout, j'ai été époustouflée par la qualité de la réalisation." nous a-t-elle confié.
"Tous les élèves ont été formidables. Mais l'un d'entre eux a réellement tenu ce projet à bouts de bras. C'est Oussama Bendriss. Il a non seulement co-réalisé le film, mais il a aussi assuré son montage et son mixage, en plus de jouer le rôle du Roi. Il a fait preuve d'une réelle réflexion cinématographique en étant par exemple particulièrement minutieux sur les raccords. Il a su maîtriser aussi bien les questions techniques liées au logiciel de montage que les contraintes du montage lui-même." Le jeune Oussama est en effet un passionné d'informatique et de cinéma. Complètement autodidacte avant l'expérience de "Charab Zabib", il fait preuve d'une curiosité insatiable et d'un regard averti. 

Au final, nos jeunes sont repartis de Casablanca bredouilles, mais les yeux plein d'images et la tête pleine de rêves. Rendez-vous est pris pour l'année prochaine. La relève est en route... pour peu qu'on lui donne un petit coup de pouce! 

par Cinemasfi publié dans : Artistes Safiots communauté : Maroc
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