Décidément, Safi s'affirme comme une ville de cinéma et prépare sa relève. Les élèves de dernière année du collège de l'école du Plateau ont écrit,
tourné et réalisé leur film qui eu la chance d'être sélectionné en compétition aux deuxièmes
"Rencontres Nationales du Court Métrage Pédagogique".

"Le Jus de Raisins" ("Charab Zabib"), c'est le titre du court métrage de 9 minutes
réalisé par les apprentis cinéastes safiots. Il sera présenté lors des "Deuxièmes Rencontres Nationales du Court Métrage Pégagogique" qui se tiendront à Casablanca du 30 mai au 2 juin prochains.
Les deux co-réalisateurs, M. Oussama Bendriss et M. Yassin Abouchabaka, présenteront personnellement leur film au public à cette occasion. "Charab Zabib", a été
entièrement écrit, tourné, joué et monté par les élèves eux-mêmes. L'aventure du tournage a duré trois semaines et n'a rien coûté si ce n'est beaucoup de temps et d'imagination de la part des
élèves et de leurs encadrants.
Un scénario original
Tourné en numérique dans les locaux de l'école ou à "Dar Sultan" travestis en Palais Royal, le film raconte l'histoire du fils d'une famille pauvre dont
le père vient de décéder. Pour aider sa mère, un des fils va vendre du jus de raisin au palais du Roi. Ce-dernier le remarque et s'habitue à venir chaque matin se délecter du nectar préparé par
le garçon. D'abord agacé puis carrément jaloux, le ministre qui accompagne le Monarque en toutes circonstances, sent le jeune homme monter en importance alors que lui-même est évincé. Il concocte
un plan maléfique pour se débarrasser du garçon. Faisant croire à celui-ci que son haleine dérange Sa Majesté, il l'encourage à se voiler le visage. Au Roi qui s'interroge sur ce nouveau
comportement de son favori, le ministre explique que le jeune homme se plaint de l'haleine du souverain. Fou de colère le Roi décide de faire excécuter dès le lendemain le premier visiteur du
palais, sachant qu'il s'agira de son vendeur de jus. Hélas pour le ministre, le lendemain matin, la nouvelle d'une attaque l'oblige à se rendre au Palais en urgence. Etant le premier à franchir
le seuil, il est aussitôt égorgé. Appelé au Palais pour se justifier de son comportement ayant entraîné la mort du ministre, le jeune garçon explique au Roi le pourquoi de ses agissements. Le Roi
sourit alors de savoir que le Ministre s'est puni lui-même.
La relève est assurée
Mme Leila Charadi, scripte semi-professionnelle, a travaillé comme
consultante avec les élèves. C'est elle qui a assuré l'encadrement pédagogique afin de donner à ces cinéastes en herbe les bases du métier et de la culture de l'image. "J'ai été impressionnée
par la maturité des élèves et leur travail. Tout d'abord la beauté de leur histoire est digne de nos plus beaux contes populaires. Ensuite ils ont su repousser leurs limites lors du tournage en
répétant les prises jusqu'à parfois dépasser la dizaine. Vous pourrez voir dans leur bêtisier que certains se sont mêmes endormis en jouant (rires). Et surtout, j'ai été époustouflée par la
qualité de la réalisation." nous a-t-elle confié.
"Tous les élèves ont été formidables. Mais l'un d'entre eux a réellement tenu ce projet à bouts de bras. C'est Oussama Bendriss. Il a non seulement co-réalisé le film, mais il a aussi assuré
son montage et son mixage, en plus de jouer le rôle du Roi. Il a fait preuve d'une réelle réflexion cinématographique en étant par exemple particulièrement minutieux sur les raccords. Il a su
maîtriser aussi bien les questions techniques liées au logiciel de montage que les contraintes du montage lui-même." Le jeune Oussama est en effet un passionné d'informatique et de cinéma.
Complètement autodidacte avant l'expérience de "Charab Zabib", il fait preuve d'une curiosité insatiable et d'un regard averti.
Au final, nos jeunes sont repartis de Casablanca bredouilles, mais les yeux plein d'images et la tête pleine de rêves. Rendez-vous est pris pour l'année prochaine. La relève est en route...
pour peu qu'on lui donne un petit coup de pouce!
par Cinemasfi
publié dans :
Artistes Safiots
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