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Dossier spécial CasaNegra

Samedi 24 janvier 2009
Cela fait maintenant 4 semaines que CASANEGRA est dans les salles marocaines. Et déjà, il s'annonce comme l'un des plus gros succès de notre cinéma national. Seulement deux petites  semaines après sa sortie, il affichait déjà 64.000 entrées rien qu'au Mégarama. A ce rythme là, il pourrait bientôt égaler les 136.000 entrées de Marock, Numéro Un en 2006.

L'hebdomadaire provocateur TelQuel ne s'y trompe pas en mettant le dernier Lakhmari en couverture. Il s'agit bien d'un phénomène rare qui vient de s'abattre sur le cinéma marocain. CASANEGRA dépasse les bornes, et il était temps. Il vient de réussir l'exploit de libérer la langue du cinéma marocain. Sur le plan esthétique, il affiche un style moderne rempli de références cinéphiliques. Mais surtout, il impose, enfin, le langage de la rue sur le grand écran.
Admirateur  de Scorcese, Noureddine Lakhmari ne pouvait tout simplement pas faire parler ses personnages, issus des bas-fonds de Casa, dans un arabe chatié ni dans un darija artificiel. Le résultat est surprenant pour le public marocain qui entend pour la première fois SES insultes en dolby surround.

Le réalisateur safiot nous avait
prévenus bien avant la sortie que son film serait une petite révolution langagière. Il redoutait même un peu la réaction du public. A la sortie des salles, les spectateurs sont en effet abasourdis.  La réaction typique est, "c'est beau, mais c'est trop vulgaire". Attaqué par les journalistes à ce sujet lors de la conférence de presse de CASANEGRA au dernier Festival National en décembre dernier,  Lakhamri affirmait pourtant s'être retenu: "Pendant la préparation du film, j'ai emmené mes acteurs  dans les bars et les lieux malfamés de Casa. Je les ai laissé s'en imprègner et improviser sur le tournage. Ils y ont découvert une véritable poésie de la vulgarité.  Et je vous assure que ce qui est dans le film est très soft par rapport à ce qui se dit dans nos rues."

En prêtant l'écran à Karim et Adil (Anas Elbaz et Omar Lotfi) des jeunes paumés en quête d'argent facile, Lakhmari donne la parole, avec leurs mots, aux jeunes qui trainent dans nos rues. Ces jeunes qui  vivent au jour le jour et ne croient en rien, qui ne votent pas, ni ne s'expriment par aucune action sociale. Ces jeunes à qui personne ne demande ce qu'ils ont à dire. Ces jeunes qui, aujourd'hui, affluent par milliers dans les salles pour voir enfin un film qui leur ressemble. Pas de doute que pour eux, CASANEGRA est dors et déjà un film culte. 
Par Cinemasfi
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Dimanche 28 décembre 2008


Casa Negra, un film de Nour-eddine Lakhmari

Synopsis: Adil (Omar Lotfi) et Karim (Anas Elbaz) vivent de petit boulots et de petites arnaques dans le Casablanca des pauvres qu'ils ont rebaptisé CasaNegra. Ils se laissent progressivement séduire par la proposition de Zrereq (Mohammed Benbrahim), un truand local pour réaliser un coup qui devrait enfin leur rapporter gros...

A savoir: Le film a remporté le prix d'interprétation masculine pour les deux rôles principaux (Omar Lotfi et Anas Elbaz) ainsi que le prix de la meilleure photo au Festival International de Dubai. Les acteurs Omar Lotfi et Mohammed Benbrahim ont également été récompensés respectivement pour les meilleurs premier et second rôles masculins au Festival National de Tanger en décembre dernier. CasaNegra est depuis en passe de devenir l'un des films marocains les plus populaires avec une affluence record dans les salles dès les premiers jours.
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Mardi 23 décembre 2008
Casanegra est attendu comme le film marocain de l'année après avoir été récompensé à quelques jours d'intervalles aux festivals de Dubai et Tanger :


Festival international du film de Dubaï (DIFF) :

- Le prix de la meilleure image
- Le prix du meilleur acteur ex-aequo: Anas El-Baz et Omar Lotfi (ci-dessus, respectivement à gauche et à droite du réalisateur)

Festival national du film à Tanger (FNF) 10éme édition :

- Le prix du meilleur premier rôle: Omar Lotfi
- Le prix du meilleur second rôle: Mohamed Ben Brahim
- Le prix du son
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Mardi 17 juillet 2007


Nous avons eu la chance de visionner pour vous les premières images inédites de Casa Negra, le dernier long métrage cinématographique de Nour-Eddine Lakhmari.  Fidèle à sa ville natale, Safi, Lakhmari était de passage et nous a fait l'honneur  de nous faire découvrir son travail... Et bien, il faut tout simplement s'attendre à une petite révolution visuelle dans l'univers du cinéma marocain.


"Casa Negra" est un film noir qui se passe dans les bas-fonds du Casablanca d'aujourd'hui où deux amis, Karim et Adil, préparent un dernier coup. "Casa Negra" est le Mean Streets de Lakhmari. Hommage à Scorsese, le réalisateur américain qui l'a tant influencé. "Le seul problème, avoue-t-il, quand on travaille sur le Casablanca de la rue, c'est la langue. Car si le spectateur accepte une certaine grossièreté en français et en anglais, il n'y est pas habitué en arabe. Or mon sujet ne peut se traiter qu'avec le langage de la rue. Je me demande avec un peu d'appréhension quelle sera la réaction du public."


Acteurs inconnus

"Pour jouer Adil et Karim
, déclare Lakhmari, j'ai voulu des acteurs parfaitement inconnus du monde du cinéma. Omar Lotfi (Adil) n'a jamais étudié l'art dramatique. Et pourtant, ils vont surprendre tout le monde. Ils ont su dégager la force et la violence que j'attendais de mes personnages." 

CASANEGRA-CLAP.jpg D'autant que Lakhmari aime les surprises. Son script n'est jamais complètmement bouclé et il y laisse toujours une place pour l'improvisation ou pour l'inspiration du moment. "De nombreuses scènes d'anthologie sont dues aux hasards de l'improvisation. J'ai eu ce genre de moments sur Casa Negra avec mes acteurs. Les acteurs amateurs sont plus faciles à diriger car ils sont plus perméables à la vision du réalisateur. Les acteurs professionnels sont parfois déroutés face à mes exigences et j'ai souvent eu des situations tendues où il fallait que je m'impose. C'est ça aussi le métier de réalisateur." continue-t-il. 


Film noir... et blanc

"Casa Negra", c'est le côté sale de la capitale économique du Maroc, la ville pas si blanche de Casablanca. C'est l'ancien Casa, celui qui vit de la débrouille mais aussi de la solidarité que la dèche rend obligatoire. "Casa Negra", c'est la moitié oubliée de Casablanca. 

Le film est donc basé sur une dualité fondatrice: le Noir et le Blanc. Une dualité que Lakhmari a travaillé visuellement en rendant sa photo aussi proche du noir et blanc que la pellicule couleur ne le permet. "Le chef lumière et le directeur photo sont les postes clés d'un tournage. La post-production ne peut pas rattraper une mauvaise lumière. L'atmosphère visuelle du film se crée sur le plateau", affirme le réalisateur, très pointilleux sur ses ambiances. 

La dualité du thème et de l'ambiance se traduit aussi dans les décors, les lieux et les moments de tournage. "Casa Negra a été un film particulièrment épuisant, continue le réalisateur, car il s'est principalement tourné la nuit. Je voulais capturer cet autre Casa qui vit quand les autres dorment."


Autre choix esthétique lourd de sens, Lakhmari a pris pour décors les vieux quartiers Art Déco de Casa. Vestiges d'une autre époque, leurs murs blancs aux formes encore majestueuses se détachent des trottoirs noirs de crasse et de misère. 


 

Et puis "Casa Negra", c'est le voyage de deux jeunes de la ville noire vers les lumières de la ville blanche. Là où les villas des notables et des bourgeois regorgent des trésors ignorés des habitants des bas quartiers. Lakhmari utilise la dualité sociale du Maroc pris dans la spirale du libéralisme comme trame de fond de l'intrigue de ce film noir. Un film qui se veut pourtant porteur d'espoir et de moments magiques qui viennent briller dans la nuit du Casa des pauvres. 




Par Cinemasfi
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