Pour sa cinquième édition, le Festival du
film francophone de Safi a donné à la Francophonie une saveur tiers-mondiste inhabituelle avec une compétition faisant la part belle au point
de vue africain et arabe.
C’est le Tchadien Mahamat-Saleh Haroun qui a obtenu l’Osfour d’Or pour la seconde fois avec son film Daratt, Saison Sèche. Haroun avait déjà été couronné à Safi en 2004 pour son long métrage Abouna. Et c’est un autre film
africain qui s’empare du prix du jury, Bamako, du Mauritanien Abderrahman
Sissako.
Osfour d’or pour le cinéma africain
Ces deux œuvres ont su, chacune à leur manière, montrer la maestria des cinéastes africains. Dans des styles radicalement
différents, Haroun et Sissako ont donné un visage cinématographique à leur continent. Haroun par la beauté de ses images et la profondeur des silences de ses personnages. Sissako par son talent à
rassembler l’Afrique dans la cour d'un « fundouk » malien ou la grande Histoire de notre temps et les petites histoires individuelles se croisent et se reflètent avec une justesse
parfaite.
Hélas, pour cette cinquième édition, le cinéma marocain n’a pas réellement pu briller. Représenté par Driss Chouika et son
adaptation de Kundera, Les Jeux de
l'Amour, le Maroc ne s’est pas retrouvé dans ce film en langue française parlant d’un univers étranger aux Marocains. Le public safiot
gardera donc un peu la nostalgie de la quatrième édition du Festival qui avait programmé trois films de réalisateurs marocains rivalisant pour l’Osfour d’Or : L'Enfant Endormi de
Yasmine Kassari, Le Grand
Voyage d'Ismaël Ferroukhi
et La Symphonie Marocaine de Kamal Kamal qui a finalement raflé le prix à la plus grande satisfaction du
public.
Safi la francophone se fait ainsi de plus en plus, au fil des années, Safi l’Africaine. Rebelle, elle déboute des films
pourtant sélectionnés à Cannes et favorise des histoires simples mais puissantes.
par Cinemasfi
publié dans :
Actualité cinéma
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