Le tournage d'El Kadia 4 a pris fin ce mercredi. Cela se passait à Safi, la ville natale du réalisateur Nour-Eddine Lakhmari. J'ai eu la chance d'être
sur le plateau, en voici quelques échos.
Après deux semaines de tournage, le réalisateur Nour-Eddine Lakhmari bouclait samedi la scène finale du quatrième
épisode de la série policière. L'officier Zineb Hajjami y réunit tous les suspects dans une usine de conserves de sardines afin de leur exposer les résultats de son enquête sur le meurtre
d'un pêcheur syndicaliste.
Dessous techniques
Durant deux semaines, l'équipe du tournage a donc parcouru la ville entre le port, les usines de sardines, le tout nouveau commissariat de Safi sur l'avenue Moulay Youssef et d'autres
lieux tels un hôtel, une villa... "Ce sont les scènes tournées au port qui se sont révèlées les plus riches, affirme le réalisateur, sous les énormes grues de transbordement, la
lumière des spots a su créer une atmosphère froide et angoissante". Lakhmari s'est amusé au port car c'est là qu'il a filmé ses scènes d'action. Comptant sur l'aide des pêcheurs pour
les cascades et sur le courage de l'actrice Noufissa Benchehida, le rôle
principal, pour une course poursuite où elle saute de bateau en bateau.
Voilà pour donner un avant goût de l'action. Mais Lakhmari est surtout le petit prodige technique du cinéma marocain. Comptant sur l'aide de Luca, son directeur photo italien, et d'une équipe
marocaine jeune et professionnelle, il crée des images nouvelles pour les téléfilms marocains. Lakhmari est un réalisateur exigeant. Il n'hésite pas, vidéo numérique aidant, à faire
retourner dix fois une scène si elle ne lui plait pas. Derrière son écran de contrôle, il scrute l'image à la recherche du moindre défaut. Les lumières sont sa grande préoccupation. Elles sont
toujours travaillées grâce à des spots additionnels ou à des réflecteurs de manière à obtenir la bonne atmosphère visuelle.
Ecrire avec les images
La télévision permet à Lakhmari d'innover visuellement en se libérant car elle demande moins d'anticipation que la pellicule. "El Kadia 4 est le pire script qu'on ait écrit, mais je pense que
ce sera peut-être le meilleur de la série, dit-il en riant, on va laisser la caméra s'exprimer!". Car le réalisateur aime être libre d'écrire avec les images plutôt qu'avec les
mots. Il laisse ainsi une grande part à l'improvisation et à l'intuition du moment. D'autant que le tournage en vidéo offre une grande flexibilité et permet une écriture fluide. Utilisant deux
caméras en simultané, Lakhmari anticipe même sur le montage. Deux écrans renvoient en direct les images que capturent Adil et Luca. Adil soigne les cadres et les angles pour des plans généraux et
des mouvements de caméra léchés, grâce à une caméra sur pied ou sur rails. Sans respecter les axes, Luca filme par contre, caméra à l'épaule, des plans vifs et mouvants de visages pris en
gros plans.
Diffusion en septembre
Cette écriture en direct et à deux caméras, permet de monter les scènes pratiquement le jour de leur tournage. Manar, une jeune monteuse, a accompagné l'équipe à Safi. Grâce au support
digital, les images ont été transférées sur l'ordinateur et coupées à l'aide du logiciel Final
Cut. Avec la clôture du tournage, commence le montage en séquences et finalement du film lui-même. Le réalisateur est à présent à Casablanca, dans les locaux de Sigma Technologies pour y opérer lui-même le montage final et la post production. Le tournage n'est en effet que le
dessus de l'iceberg et la course contre la montre ne fait que débuter afin que tout soit bouclé pour le prochain ramadan, date la diffusion de la série sur 2M.
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