Le Festival National, une occasion manquée pour Safi
Le Festival National du Film a accueilli cette année encore les meilleurs films marocains courts et longs sortis depuis deux ans. Tanger héberge l'évènement depuis 3 ans continuera à l'accueillir tous les ans. En effet, devant la bonne santé du FNF et du cinéma marocain, le CCM vient d'annoncer que l'évènement sera désormais annuel. Zoom sur un Festival ambulant et retour sur une occasion manquée.
Après Oujda, Marrakech, Meknès, Rabat, Casablanca à deux reprises, le Festival National du Film s'est donc une nouvelle fois installé à Tanger. Organisé en collaboration avec la collaboration active du CCM et de sa caravane cinématographique, le Festival National n'est pas tout à fait un festival comme les autres. En effet, jusqu'à cette année, il s'agissait d'un festival itinérant que le Centre Cinématographique transbahute de ville en ville tous les deux ans.
Or depuis trois ans, le Festival s'est sédentarisé à Tanger. Ce n'est sans doute pas un hasard. La ville a connu une réelle révolution cinématographique depuis la rénovation du cinéma Rif devenu la la Cinémathèque de Tanger et grâce au dynamisme du cinéma Roxy. C'est aussi le résultat plus désolant d'une désagrégation du réseau des cinémas marocains qui réduit chaque année le nombre des villes candidates potentielles. Hormis le miracle tangérois et l'arrivée du groupe Megarama à Casa et Marrakech, la tendance est en effet plutôt à la fermeture des salles dans les petites villes.
Rendez-vous manqué en 2007...
L'itinérance du FNF est une tentative de lutter contre cette érosion. C'est ainsi qu'en juillet 2005, dans un (vain) élan d'enthousiasme, M. Mohammed Bakrim, représentant du CCM, avait promis devant toute l'assistance du Festival du Film Francophone de Safi, de ramener le FNF à Safi. La condition? Que la ville, représentée pour l'occasion par M. le Wali en personne, s'engage à rénover une salle digne d'accueillir un tel évènement réunissant tout le gratin du cinéma marocain. Plus de deux ans plus tard, les coussins du Cinéma Atlantide de Safi sont plus défoncés que jamais, l'installation sonore toujours inexistante et surtout, les portes toujours fermées. Quant au cinéma Royal, sa programmation semble figée depuis bien longtemps sur les années 90. Bilan, Tanger remporte la mise
Safi a réellement manqué une occasion en or. Interrogé sur sa promesse lors des dernières Journées Cinématographiques de Safi en mai dernier, M. Bakrim avait répété celle-ci... à la même condition, bien entendu! Safi a raté sa chance, dommage...